Dans les milieux sécuritaires du continent africain, un échange ayant eu lieu lors du dernier Sommet des forces terrestres africaines, tenu à Rome en mars de l’année en cours, fait l’objet de discussions. Cet échange aurait réuni le général de division Crépin Ngari, chef d’état-major des forces terrestres gabonaises, et le général de division Andrew Gaiti, commandant de la Force opérationnelle de l’armée américaine pour l’Europe du Sud et l’Afrique, sous la médiation du général de brigade Simon Ndour, chef d’état-major des forces terrestres sénégalaises. Le général de division Crépin a ouvert son intervention sur le Soudan en posant un cadre stratégique destiné à orienter l’interprétation de ses propos ultérieurs. Il a déclaré : »Notre appareil sécuritaire, dans la diversité de ses composantes, de ses spécialités, de ses orientations et de la répartition de ses rôles, suit les opérations militaires menées par l’armée nationale soudanaise contre les rebelles. Bien que nous soyons pleinement informés de la réalité du conflit au Soudan, dont l’issue décisive est désormais liée à la chute de certains régimes ou à leur maintien, et bien que nous accordions une confiance solidement établie aux rapports internationaux et onusiens ayant confirmé la convergence des indices révélant les dynamiques du conflit et l’orientation de son évolution sous l’effet de volontés extérieures, nous demeurons néanmoins déconcertés par le poids de la réticence américaine et par les conséquences qui en découlent face à ce conflit ».
Depuis le 15 avril 2023, trois grilles de lecture distinctes de la réalité militaire, sécuritaire et politique soudanaise ont émergé sur le continent africain — j’entends ici, plus précisément, dans les milieux sécuritaires africains. Ces lectures ont aujourd’hui évolué pour se rapprocher d’un système conceptuel structurant, à partir duquel les politiques sont élaborées et autour duquel des méthodologies scientifiques et des forums de réflexion sont mis en place. Nous présenterons brièvement, mais de manière détaillée, les principales caractéristiques de ces trois grilles de lecture.
Première grille de lecture : « Distinction »
Les académies africaines désignent cette première grille de lecture sous le terme de « Distinction ». Elle repose sur la théorie de « l’au-delà de l’armement » (Au-delà des armes), selon laquelle la compréhension de la puissance ne commence pas par le dénombrement de ses instruments, mais par la compréhension de l’entité qui la produit.
Cette grille de lecture a pris une importance particulière après l’annonce par l’armée soudanaise de la levée du siège du commandement général des forces armées à Khartoum, après vingt et un mois d’encerclement par les forces multinationales des Forces de soutien rapide (FSR).
Les promoteurs de cette approche défendent une conception précise : l’État soudanais est une réalité trop profonde pour être réduit à une armée engagée dans les combats. Selon cette perspective africaine, l’État constitue une entité plus vaste que ses forces armées. Sa légitimité ne saurait donc dépendre exclusivement de l’issue des batailles militaires. Une bataille peut certes faire partie de l’histoire d’un État, mais elle ne constitue assurément pas, à elle seule, le critère déterminant de son destin.
À mon sens, cette approche met en évidence la différence fondamentale entre la possession d’une force armée et la détention des attributs constitutifs de l’État national.
Les tenants de cette grille de lecture ont contribué à convaincre de nombreux dirigeants politiques africains de la nécessité de créer des équipes « spécialisées » au sein des structures de décision politique de la plupart des États africains. Ces équipes sont désignées sous le nom de « Gardiens de l’État national » (Gardiens de l’État national).
Ces structures n’existaient pas avant le 15 avril 2023. Leur mission consiste à étudier la nature de l’entité que constituent les Forces de soutien rapide, puis à proposer des politiques et des stratégies visant à empêcher l’apparition de milices similaires dans leurs propres pays. Cette initiative témoigne clairement de la prise de conscience, par les élites africaines, des dimensions transfrontalières du projet porté par les Forces de soutien rapide.
Deuxième grille de lecture : « Corrélation »
Les académies africaines désignent cette deuxième grille de lecture sous le terme de « Corrélation ». Sa présence s’est renforcée dans les milieux de recherche et les cercles universitaires africains à la suite de la visite du président Abdel Fattah al-Burhan dans les pays d’Afrique de l’Ouest, en janvier 2025.
Cette approche repose sur la théorie de la « codétermination souveraine » (Co-détermination souveraine).
Ses promoteurs considèrent que, durant cette guerre, l’État soudanais ne s’est pas contenté de protéger sa souveraineté : il a également développé une nouvelle capacité à perdurer en période de crise. Cette évolution a eu des effets « positifs »sur les institutions étatiques et sur la société locale.
Dans le même temps, ils soulèvent la question suivante :
« Dans quelle mesure l’État soudanais peut-il préserver son existence politique et souveraine si sa capacité militaire à assurer sa protection venait à s’éroder ? «
C’est à partir de ces interrogations que s’engagent leurs délibérations scientifiques et l’élaboration de scénarios prospectifs. Celles-ci aboutissent systématiquement à l’examen des conséquences sécuritaires et politiques de ces évolutions sur l’avenir de l’État national à l’échelle du continent africain.
Les tenants de cette grille de lecture travaillent aujourd’hui à l’élaboration de nouvelles méthodologies de recherche scientifique couvrant l’ensemble des questions liées à l’avenir de l’État national, Ce processus a donné naissance à une catégorie d’acteurs qualifiés de « rénovateurs « , qui sont désormais parmi les plus proches de la définition de l’avenir politique et sécuritaire de leurs pays.
Troisième grille de lecture : « L’équilibre «
Désignée sous le terme de « L’équilibre », cette troisième grille de lecture est la plus marquante sur le continent africain, Elle semble également correspondre davantage aux orientations des élites intellectuelles et politiques africaines contemporaines.
Certes, elle partage de nombreux points avec les deux approches précédentes. Toutefois, sa particularité réside dans le fait que ses adeptes sont, dans leur grande majorité, issus des écoles militaires africaines, c’est-à-dire des institutions et des courants de pensée façonnés par l’expérience militaire et politique du continent.
Ils partent d’un principe fondamental :
« La manière dont l’armée soudanaise remportera la guerre n’est pas la question essentielle, C’est une question qui relève du champ de bataille, et non de la stratégie »
En conséquence, les promoteurs de cette approche estiment que l’État national soudanais dépasse le périmètre géographique de ses opérations militaires, possède une profondeur supérieure à celle de ses formations militaires et s’inscrit dans la durée au-delà du résultat d’une bataille.
Cette conception permet de comprendre leur soutien important au Conseil de coordination saoudo-soudanais, récemment annoncé, ainsi que leur appui à la démarche de l’État soudanais visant à reconstruire l’institution militaire et ses structures sécuritaires selon une vision stratégique qui redéfinit la fonction de la force armée, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’État.
Les tenants de cette grille de lecture travaillent aujourd’hui à la proposition d’un « Conseil africain d’évaluation stratégique », Il s’agirait d’un organe consultatif africain « indépendant », placé sous la supervision du « Commandement africain armé” (Commandement africain armé), dont les missions avaient été présentées préalablement à Khartoum lors de la visite du président soudanais, le général d’armée Abdel Fattah al-Burhan, dans les pays d’Afrique de l’Ouest en janvier 2025.
Les recompositions stratégiques autour du Soudan
L’administration américaine et l’Union européenne observent le système de pensée africain qui structure les dynamiques » sécuritaires » et « politiques » de ces groupes. Washington et Paris tentent de se rapprocher de leurs activités afin de soutenir leurs propres visions prospectives du continent africain.
Cette dynamique permet d’éclairer plusieurs développements : la visite non annoncée d’une délégation sécuritaire américaine au Soudan, l’annonce par Paris du lancement d’un institut français tourné vers l’avenir dans la capitale nigériane, Abuja, le financement par Washington d’une initiative visant à créer un laboratoire d’analyse scientifique, ainsi que le soutien du Bureau fédéral d’investigation américain (FBI) à un centre de lutte contre le terrorisme au Nigeria.
Ces initiatives se sont inscrites dans un contexte parallèle à l’annonce par les États-Unis du redéploiement de leurs forces autour du lac Tchad, une mesure susceptible de renforcer leurs capacités sécuritaires dans la région du Sahel et en Afrique de l’Ouest.
L’ensemble des dirigeants politiques africains, y compris ceux qui se sont impliqués dans le soutien au projet transnational des Forces de soutien rapide, comprend que la communauté internationale prend désormais conscience d’une réalité : les gains sur lesquels elle misait en permettant aux FSR de prendre le pouvoir au Soudan se sont transformés en un problème de sécurité.
Les gains escomptés ne se sont pas concrétisés, les engagements ne sont plus maîtrisables et les intérêts stratégiques sont désormais exposés à des effets de retour qui n’avaient pas été intégrés dans les calculs initiaux.
L’administration américaine finira donc par parvenir à la conclusion que le maintien de l’armée soudanaise en tant qu’ « armée nationale régulière » constitue l’un des principaux facteurs de stabilité de la Corne de l’Afrique et de la mer Rouge.
Parallèlement, Washington analyse les évolutions sécuritaires qui lui imposent de préserver la stabilité des fronts liés à sa présence sur le continent africain.
Compte tenu des développements militaires et sécuritaires sur le théâtre soudanais, de la progression des opérations de l’institution militaire dans le Kordofan du Nord, de l’échec des calculs régionaux et internationaux misant sur les Forces de soutien rapide, ainsi que des inquiétudes suscitées par l’aggravation de la crise entre l’Érythrée et l’Éthiopie, l’Union européenne œuvrera, en coordination avec Washington, à l’élaboration des mécanismes d’un projet désigné sous le nom de « jumelage sécuritaire » (Le jumelage sécuritaire) au Soudan.
Depuis le lancement, en février 2024, de l’opération européenne « Aspides »(Opération Aspides), destinée à protéger la navigation en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, Washington a trouvé dans le rapprochement avec la nouvelle vision européenne de la Corne de l’Afrique et du Soudan un espace de convergence susceptible d’être mobilisé.
Cette dynamique permet de comprendre l’intensification de la coordination opérationnelle et sécuritaire entre l’opération européenne « Aspides » et l’opération américaine « Prosperity Guardian », chargée de sécuriser la navigation en mer Rouge et les corridors maritimes stratégiques.
Depuis 2021, l’administration américaine observe attentivement l’évolution de la vision prospective de l’Union européenne concernant le Soudan, ainsi que la qualification employée par Bruxelles lorsqu’elle évoque spécifiquement le Soudan et la Corne de l’Afrique : « priorité géostratégique ».
Washington considère cette évolution européenne comme l’expression d’une nécessité sécuritaire visant à protéger la mer Rouge et les États riverains, afin de préserver le commerce européen et les chaînes d’approvisionnement.
Dans la perspective du soutien à la stabilité de la Corne de l’Afrique, j’estime que l’Union européenne intensifiera ses efforts sécuritaires et diplomatiques en faveur des questions de souveraineté relevant du statut juridique établi des États nationaux sur le continent africain.
Cette orientation est confortée par l’emploi de l’expression « La souveraineté ancrée dans l’évidence juridique » par la représentante spéciale de l’Union européenne pour la Corne de l’Afrique, Annette Weber, lors de sa rencontre avec le ministre érythréen des Affaires étrangères, Osman Saleh.
Cette même expression a été utilisée par une délégation d’ambassadeurs de l’Union européenne lors de sa rencontre avec le président soudanais, le général d’armée Abdel Fattah al-Burhan, en juin de l’année en cours.
Il s’agit là d’un signe clair de la disposition de l’Union européenne à agir contre les tentatives susceptibles de menacer la stabilité et la souveraineté des États nationaux africains.
Recommandations pour consolider l’État national soudanais
Afin de renforcer l’assise nationale, de consolider la légitimité de l’État national soudanais et de ses institutions souveraines, et d’accroître sa présence sur les scènes régionale et internationale, il est proposé d’entreprendre les mesures suivantes :
- Créer un appareil d’évaluation souveraine
Engager la création d’un appareil d’évaluation souveraine chargé de repenser l’architecture de la sécurité nationale et de développer les politiques publiques.
Cet organe aurait pour mission d’examiner les moyens de faire évoluer la vision de l’État à la suite d’une révolution populaire, elle-même suivie d’une guerre par procuration menée contre l’État soudanais, dont les manifestations sont demeurées intérieurement visibles tandis que la prise de décision a été transférée à des acteurs agissant pour le compte de puissances extérieures, La mise en place de cet appareil permettrait d’ouvrir de nouvelles perspectives dans la gestion de l’État soudanais, en s’affranchissant des idéologies antérieures qui ont contribué à entraver son rayonnement régional et international.
- Organiser une visite diplomatique et ecclésiastique auprès des principales cathédrales africaines, Envoyer une délégation diplomatique soudanaise, accompagnée d’une délégation de la cathédrale soudanaise All Saints Cathedral, auprès des principales cathédrales du continent africain, notamment :
* La Cathedral Church of Christ, au Nigeria
* La Holy Trinity Cathedral, au Ghana
* La St George’s Cathedral, en Afrique du Sud
* La All Saints Cathedral Diocese, au Kenya, Ces cathédrales s’inscrivent dans un cadre plus vaste qui les relie : la Communion anglicane mondiale (La Communion anglicane mondiale), Cette démarche poursuivrait plusieurs objectifs :
- a) Adresser un message à la communauté internationale ,Montrer que le « nouvel « État soudanais est déterminé à associer toutes les composantes de la société locale à l’élaboration de sa politique étrangère, afin de renforcer son front intérieur, Il s’agirait également de réfuter les allégations, passées et présentes, selon lesquelles l’institution souveraine soudanaise serait liée à des partis extrémistes cherchant à subordonner le pouvoir politique à une référence religieuse.
- b) Obtenir le soutien des responsables ecclésiastiques africains
Renforcer les relations avec les dirigeants ecclésiastiques du continent africain qui ont exprimé leur plein soutien à la visite au Soudan, en mars 2024, du secrétaire général de la Communion anglicane, l’évêque Anthony Poggo. La presse africaine avait alors qualifié cette visite de « visite de solidarité ».
- c) Exposer la réalité de la guerre imposée à l’État soudanais, Mettre en évidence le fait que cette guerre constitue une tentative régionale et internationale visant à soumettre la souveraineté nationale et à remodeler les rapports de force par la puissance militaire, sans véritable rapport avec l’instauration de la démocratie ou d’une gouvernance civile saine.
L’approbation par le gouvernement soudanais de l’accueil de la composante civile » Somoud » dans la capitale, Khartoum, ainsi que l’engagement d’un travail sur l’élaboration des règles juridiques régissant le pouvoir et la citoyenneté, constituent des éléments à prendre en considération, Il convient de rappeler que le président de l’alliance Somoud, le docteur Abdallah Hamdok, avait précédemment déclaré que son alliance était disposée à dialoguer avec le gouvernement soudanais si l’armée soudanaise parvenait à libérer le palais présidentiel dans la capitale, Khartoum, Or, une fois cette condition remplie, le refus de se conformer à cet engagement a persisté, Ce comportement nous conduit à une interrogation fondamentale : lorsqu’une condition cesse d’exister sans que la position change, il ne suffit plus d’expliquer le comportement par le prétexte officiellement avancé. Il devient alors légitime de se demander si le refus exprime une décision autonome ou s’il traduit la poursuite d’une fonction qui dépasse celui qui l’exerce.
- Coopérer avec le projet « Commandement africain armé » Approuver la coopération avec le projet » Commandement africain armé « , lancé par des responsables sécuritaires africains en avril 2025, soit un mois après la libération de la capitale soudanaise,Selon des sources universitaires et de recherche africaines, ce projet aurait été conçu spécifiquement pour favoriser un rapprochement avec l’institution militaire soudanaise et tirer parti de son expérience en matière de renseignement et d’opérations sur le terrain dans la lutte contre les milices, Son principe avait été présenté préalablement à Khartoum lors de la visite du président soudanais, le général d’armée Abdel Fattah al-Burhan, dans les pays d’Afrique de l’Ouest en janvier 2025, Ce projet vise à élaborer des stratégies et des politiques destinées à contrer les projets de milices transnationales sur le continent africain.
- Étudier avec prudence toute proposition française concernant le projet « Ad », Certaines sources africaines indiquent que l’administration française étudie la possibilité de lancer une activité liée à « Ad » au Soudan. Cette idée aurait été sérieusement envisagée à mesure que progressaient les récentes opérations militaires de l’armée soudanaise dans le Kordofan du Nord.
Si cette initiative venait à se concrétiser, Khartoum devrait, avant d’accepter la proposition française, étudier les activités de « Ad » en Afrique de l’Ouest et prendre connaissance de son fonctionnement, En effet, « Ad » compte parmi les principaux acteurs de la coopération militaire de l’Union européenne en Afrique de l’Ouest. Toutefois, en août de l’année en cours, ses activités ont été neutralisées dans certaines capitales africaines pour des « raisons de sécurité », et d’autres entités ont pris le relais.
- Envoyer des délégations soudanaises spécialisées auprès des institutions sécuritaires d’Afrique de l’Ouest, Dépêcher des délégations soudanaises spécialisées auprès de l’ensemble des institutions sécuritaires de la région afin d’exposer la réalité du projet porté par les Forces de soutien rapide multinationales, Ce projet vise, selon cette analyse, à :
* Démanteler les États nationaux ;
* Attiser les tensions ethniques afin de constituer des milices qui leur soient affiliées en Afrique de l’Ouest ;
* Prendre le contrôle des ressources vitales et des sites miniers dont regorge le continent africain ;
* Entraver la dynamique économique et le développement ;
* Maintenir les populations dans la pauvreté au profit d’acteurs régionaux et internationaux.
- Se rapprocher des principales figures politiques et médiatiques africaines, Développer les relations avec les personnalités politiques et médiatiques africaines de premier plan qui ont joué un rôle important en convainquant les décideurs politiques de leurs pays de refuser d’accueillir le chef des Forces de soutien rapide multinationales ou ses relais politiques, par crainte d’une réaction populaire, Cette attitude témoigne de la maturité croissante de la conscience politique des populations africaines.
- S’inscrire dans les initiatives turques de surveillance aérienne, S’aligner sur les efforts de la Turquie visant à dynamiser et à développer les opérations de surveillance aérienne dans la Corne de l’Afrique et en Afrique de l’Est, notamment après la réussite de la mise en place d’un « hub opérationnel », Cette orientation mérite une attention particulière, compte tenu des démarches américaines visant à élargir les missions de reconnaissance et de renseignement dans le Soudan de l’après-guerre, parallèlement à l’expansion des activités de la société « B A » sur le continent africain.
- Intensifier l’action des missions diplomatiques soudanaises dans les capitales africaines, Renforcer les activités des missions diplomatiques soudanaises dans l’ensemble des capitales africaines en organisant des forums de dialogue périodiques, en coordination et en coopération avec les forums stratégiques africains auxquels participent les principales élites intellectuelles et politiques du continent, notamment celles qui entretiennent des liens étroits avec les décideurs politiques, Ces forums permettraient de faire obstacle aux tentatives du gouvernement des Forces de soutien rapide multinationales, « Ta’sis », et de ses relais civils visant à promouvoir leur image sur le continent africain.
Dans le même temps, ils contribueraient à mettre en évidence le rôle des milices armées opérant en dehors du cadre légal et menaçant la souveraineté de l’État national, Cette démarche revêt une importance particulière dans un contexte où l’expression « Le jumelage sécuritaire » apparaît dans les publications sécuritaires, politiques et universitaires africaines depuis le 15 avril 2023.
Cette évolution témoigne clairement de l’intensification d’une conscience politique africaine attachée, de manière croissante et résolue, à l’unité et à la souveraineté de l’État national en Afrique, Cette conscience a dépassé le stade des slogans pour devenir une vague ascendante qui a atteint les côtes atlantiques, dont l’écho s’est fait entendre jusqu’aux rivages de la mer Rouge, Aujourd’hui, chaque État africain commence à prendre ses distances avec cette entreprise chaotique dans laquelle le Soudan a été entraîné contre sa volonté, convaincu qu’il pourrait être le prochain à en subir les conséquences.
- Mettre en œuvre une stratégie d’ouverture équilibrée, Adopter une stratégie d’ouverture équilibrée permettant à l’État concerné de coopérer avec tous les acteurs sans s’engager dans une alliance permanente, L’application de cette stratégie aurait des effets positifs sur l’approche diplomatique, laquelle pourrait être qualifiée de « neutralité active », notion désignée dans la littérature politique française par l’expression « la neutralité active », Ce concept signifie qu’un État œuvre en faveur de la paix sans appartenir à un camp particulier, C’est précisément cette orientation dont le Soudan de l’après-guerre a besoin.
Dr Ameena Al-Araimi
Chercheuse émiratie en affaires africaines
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